Il aura pris son temps, et ménagé ses effets Rachid Ammar. C'est à minuit passé que le chef d'état-major des armées, a annoncé son départ à la retraite en direct sur l'antenne de la chaine Ettounsiya.
Dressant un bilan très sombre de la situation, il craint une somalisation, ce qui "m'empêche de dormir", dira-t-il. Il estime que ce qui se passe sur le mont Châambi est une "insurrection" qui vise à déstabiliser les institutions et l'Etat.

Il dénonce également les failles des services de renseignement, qui n'ont pas été à la hauteur. L'annonce fracassante de son départ, la mise en scène, une émission de grande écoute, laissent à penser que le général Ammar souhaitait dire quelques vérités avant son retrait définitif. La polémique lancée, début juin, sur le rôle de l'armée et le bras de fer engagé, dans l'ombre, avec quelques responsables politiques aura eu raison de cet homme de 66 ans apparu au grand public lors des évènements de janvier 2011.

Les militaires ont très mal vécu les attaques qui se sont succédées depuis près d'un mois et n'ont pas trouvé les soutiens nécessaires à la poursuite de leur mission.

A présent la question est de savoir qui sera son successeur? Quel sera son profil? Nous suivrons attentivement la nomination du prochain chef d'état-major. La politisation d'une armée dans un pays en pleine phase de transition politique, ne serait pas une bonne nouvelle.

Quant au retraité Rachid Ammar, peut-être cherchera-t-il à s'exprimer en toute liberté dans le champ public, maintenant qu'il a rangé son uniforme au placard.